A Burning Hell of a Day : le trailer !

Vous rappelez-vous que je suis allé faire un tour à Berlin ? OK, sans doute pas… mais des fois que ce soit le cas, vous vous doutez sans doute que j’avais hâte de vous montrer à quoi peut ressembler ce film que l’on a tourné avec Cyrielle Thelot sur le « World Record Tour »  des Burning Hell ! En voici un premier aperçu :

Evidemment, il va y avoir quelques autres images dans les mois à venir… Abonnez -vous à la mailing list et suivez ma page facebook pour être tenu au courant de la sortie du film !

A burning hell of a night!

Ça doit bien faire quelques mois que je dis à qui veut l’entendre que je me sens… fatigué. Ce sentiment que le travail n’arrête jamais, même quand je ne suis pas en train de shooter à proprement parler. Mais il y a quand même une partie de ce boulot qui n’est que pur plaisir !

burning hell screening

L’été dernier, je suis parti en (très très très très courte) tournée avec les Burning Hell ! Cyrielle (seconde caméra et montage) et moi avions cru que nous en aurions terminé avec le film dès la fin de l’été… mais c’était un job spontané : la vraie vie (comprendre : les jobs payés) a vite repris le dessus et il a fallu attendre février pour que l’on puisse s’y remettre !

La semaine dernière – le 7 mai – a eu lieu la première présentation mondiale d’A Burning Hell of a Day à Berlin ! Cyrielle et Antoine (Grasset – étalonnage) ont allongé un incroyable taf ! Il s’agit toujours d’une version « production », ce qui laisse entendre qu’il nous reste encore quelques trucs à caler avant de pouvoir le distribuer (et il nous faut encore trouver « comment ») mais cette soirée était la plus chouette que j’aie pu avoir depuis des mois !

Le film a été reçu au-delà de nos espérances ! Les gens ont apprécié le film. Vraiment. OK, ça sonne un peu « frime » (et ça en a le goût) mais j’ai réalisé une chose : j’avais besoin de ce genre de « remerciement-écrit-en-néons-multicolores » ou que sais-je… Parce que, voilà : quand vous êtes freelance, ces occasions sont bien rares. Vous tâchez de garder le rythme d’une commande à l’autre, puis jusqu’à la suivante… ça n’arrête jamais vraiment.

Je me suis donc rendus quelques jours à Berlin, j’ai vu les Burning Hell au Grüner Salon (quel concert !) et je suis rentré gentiment à Paris. Pour travailler.

Le film n’est pas encore visible, mais voici déjà quelques photos de la soirée à Berlin.

À New York, des SDF jouent au football pour se sortir de la merde.

En octobre 2010, je me suis retrouvé à New York avec Loïc, aka Abstrait ≠ Concret. En reportage de Wall Street à Harlem, nous sommes allé découvrir le Street Soccer, qui vise la réintégration des sans-abris par le biais du foot – et ça marche !

Le sujet a été produit pour la revue Propos qui devait voir le jours en mars 2011 ; pas de chance, le projet a malheureusement été avorté… Plutôt que de laisser le sujet tomber en désuétude, voici les photos, accompagnée du texte de Loïc !

Bonne lecture.


Street Soccer usa (Jun., Oct. 2010) – Images by Antoine Doyen

Lundi 11 octobre 2010. Je vis le premier jour de ma vie sur le continent américain. Par le truchement d’une série de hasards et de désistements, je suis planté au milieu d’un carrefour de Harlem, au croisement de la 125ème et de Lexington, à guetter l’arrivée d’un bus qui stigmatise nécessairement ses passagers. Il va sans dire que je ne suis pas très serein. Alors que seuls quelques individus semblaient véritablement l’attendre quelques secondes plus tôt, voilà que l’habitacle du M35 – tout juste arrivé – ploie déjà sous la pression d’une marée humaine. Les corps de dizaines d’individus s’entrechoquent dans une violence aussi physique que sociale. Selon un article du New-York Times consacré à ce bus emprunté uniquement par des homeless – parce qu’il ne dessert que des foyers de sans-abris – les utilisateurs ont en fait l’habitude d’attendre dans la bouche de métro ou les boutiques à côté, ne pointant leur ganache qu’au moment où celui-ci se vient s’arrimer le long de la chaussée. Beaucoup des individus qui se succèdent au portillon, ont des mines patibulaires. Tout l’imaginaire des milliers d’heures de films et de séries américaines emmagasiné l’espace de toute une vie, ressurgit. Cette pensée a beau être ridicule, je ne peux m’empêcher d’avoir l’impression d’être plongé, l’espace de quelques secondes, dans un épisode de The Wire. La plupart de ces types me rappellent les gangstas de Baltimore et l’accent au couteau qui va avec de paire avec ce genre d’existence. D’autres seraient dignes de jouer les figurants dans un long-métrage sur la culture des pimps. Lire la suite

Mes vacances chez les nazis.

Non, ce titre de blog n’est pas très correct et sûrement pas journalistique, parce qu’il faut se rendre à l’évidence : «il n’y a pas de nazis, ici. Et le NPD est un parti démocratique, n’est-ce pas ? Je ne vois pas pourquoi ça me gênerait.»

Jamel's bus station.

Jamel's bus station.

Oui, Jamel est assurément un village à part. L’Allemagne de l’Est, là, tout au Nord, dans une région qui ne transpire pas l’opulence… Un terrain de jeu idéal pour l’extrême droite. Jamel, c’est ce petit village d’une dizaine de maisons où les habitants sont réputés être des sympathisants du NPD. Jamel est un joli petit village perdu dans la nature. Un joli petit village perdu dans la nature qui affiche fièrement sa devise dans la rue principale : « frei-sozial-national ».

Un endroit charmant dans lequel, début mai, je suis allé passer quatre jours en compagnie de deux journalistes, l’une française, Anastasia Lévy, et l’autre allemande, Kathrin Aldenhoff. On avait lu un article du Spiegel sur le sujet, mais on n’avait rien trouvé en France. Personne n’en parle trop, sauf à reprendre la trad’ du Spiegel, de Courrier International à Slate.fr et du coup, on a pensé qu’on pouvait aller voir ça de plus près. Lycéen puis étudiant, je militais à Ras l’Front. Je n’ai jamais accordé de crédit à l’extrême droite, mais j’ai toujours eu à cœur de la comprendre. Si j’entreprends de la photographier, j’espère éviter les clichés, la confrontation facile.

Ce n’est pas exactement un sujet aisé. Dans le cas présent, les milit… les habitants du village ont, je pense, reçu la recommandation suivante : pas d’esclandre, pas de revendication. Alors on se fait recevoir gentiment, on parvient à parler un peu, mais on se fait surtout dégager avec un large sourire. L’atmosphère est plutôt lourde, mais tout le monde tient le même discours : pas de nazis ici. Et les cheveux courts, c’est une coïncidence. On n’est pas trop dupe : des codes vestimentaires aux tatouages pas toujours bien cachés, «tout» est là.

Pour le moment, ce n’est pas vendu : on est parti comme ça, mais on ne sait pas qui va le publier. Quelques mag’ ont montré de l’intérêt, mais rien n’est joué, c’est la règle. Je ne peux donc pas encore vous dire où ni même si ce sera publié. Reste que ce séjour marque mon intérêt de plus en plus prononcé  pour la photographie documentaire, que j’avais un peu laissée de côté avec mon soucis de faire « tourner le business » : alors que je travaille comme un âne dans le portrait, j’ai encore le sentiment d’être un débutant quand il s’agit de présenter un sujet. Comme j’ai également un goût prononcé pour les sujets publiés, je vais tâcher de trouver un juste équilibre, tant qu’à faire. Non ?