Photographe indépendant ? trois statuts possibles.

Et hop ! Encore un e-mail de questions, des fois je me demande même si je ne suis pas en train de créer la première hotline des photographes ! « Fnac.com, bonjour »…

fnac-com

Blague à part, j’ai eu Noëmie sur msn et elle avait quelques questions :

20:09
Salut Antoine ça va?
Je voulais te demander un truc
j’ai une amie photographe qui souhaite s’installer en free
t’es affilié ou toi?
a l’AGESSA?

Forcément, j’ai répondu :

Ben, c’est très simple en fait.

Mais pas tant que ça, si j’en crois ce que je lis ça et là sur le net, entre paiements au black et autres notes d’auteur quand il conviendrait d’être payé en salaire. Quand j’ai commencé, ce n’était pas si simple pour moi, à vrai dire. Ci-dessous, voici ce que j’ai répondu point par point ; j’ai pensé que ça intéresserait pas mal d’autres jeunes photographes.

IMPORTANT : ce qui suit n’est qu’un résumé de ma propre situation. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter les organismes que j’évoque au fil de ce post !

Le photojournalisme.

En ce qui me concerne, la photo recouvre pas moins de… trois statuts différents. Le plus important pour moi, aujourd’hui, c’est celui de photojournaliste.

J’en ai parlé récemment sur le blog : en presse, nul autre paiement que le salaire ne doit être accepté.

Pourtant, on essaiera de vous convaincre d’autres solutions, parmi lesquelle :

— le statut de CLP (i.e. « Correspondant Local de Presse) ;

Dans ce cas, on vous paie en honoraires. C’est valable si la presse est un revenu accessoire et que vous faites un tout autre métier par ailleurs. C’est le cas par exemple d’un électricien en Lorraine vivant dans un petit village : il peut être, en dehors de son travail, correspondant pour L’Est Républicain (il relate alors des événénements très localisés) qui le rémunère en honoraires. En revanche, si vous êtes journaliste (même débutant !), alors c’est complètement illégal.

– la note d’auteur ;

Grand classique ! En presse, on s’entend souvent demander d’envoyer une note d’auteur… Devinez quoi : si vous êtes photojournaliste, c’est illégal. Le journaliste, qu’il aie ou non une carte de presse, se fait obligatoire payer en salaire. Et ce n’est pas moi qui le dit, c’est la loi. Une seule tolérance : si vous êtes avant tout artiste, plasticien (voir ci-dessous), ça peut passer pour une photo ou deux, à l’occasion.

Pour éditer des notes d’auteur, il convient au préalable de s’enregistrer auprès de son centre des impôts en remplissant un formulaire « P0i » qui vous permettra de vous enregistrer auprès de l’INSEE afin d’obtenir votre numéro de siret.

Pour en avoir plus, le forum de Photojournalisme.fr et l’association de photographes de presse FREELENS sont là pour vous aider !

L’artiste.

Si vous êtes un « artiste », un « créateur », un « auteur », etc., alors vous dépendez du régime des « artistes auteurs » : pour être rétribué de vos œuvres, vous éditez des notes d’auteur (qui fonctionnent comme des factures) à des entreprises hors-presse. Vous cotisez aux AGESSA.

Vous réalisez un travail libre, hors de tout lien de subordination, ce qui n’est pas le cas dans la presse où vous devez répondre à une ligne éditoriale précise. Un artiste peut de temps à autre vendre une de ses images à la presse, il éditera alors une note d’auteur, pour faire simple, même s’il est en droit de demander un salaire.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à contacter l’UPC, ou « Union des Photographes Créateurs« .

Par ailleurs, quand vous êtes photojournaliste, vous avez tout à fait le droit de réaliser des travaux d’auteur en marge.

Le photographe de mariage.

Ah ! Les mariages, c’est une sorte de cas à part, ce n’est pas tout à fait du travail indépendant.

Il faut soit créer son entreprise, soit passer par du portage salarial (c’est mon cas pour les quelques mariages que je photographie). Mais surtout pas de note d’auteur ! Je me rappelle avoir lu précisément sur un document des AGESSA que le statut d’artiste-auteur ne pouvait pas concerner un photographe de mariage. Chose étrange, je me rends compte aujourd’hui que ce document a disparu.

Ceci étant, dans la plupart des cas, la photographie de mariage n’est pas considérée comme un travail d’auteur ou une œuvre de l’esprit (à tort, je le concède, mais on n’est pas là pour en débattre).

// EDIT // Et pour résumer, Yann me signale ceci : « c’est simple, juste pour la question du mariage, théoriquement, il faut être artisan photographe, mais je chipote pas :) » …et donc cotiser à l’URSSAF.

cas particuliers

On entend souvent dire que les notes d’auteur sont tolérées auprès de particuliers : c’est faux, à la seule exception de la vente de tirages.

EDIT

Pour des infos plus détaillés, vous pouvez également aller lire ce que recommande l’ami Pierre Morel sur son propre blog.

Reprise.

Le festival de Cannes débute le mercredi 16 mai. En attendant, je me suis rendu samedi à Croth (27) pour couvrir le mariage de Cécile Persico & Fabien Carimalo.

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C’était un petit loin, alors location d’une 207 chez Ada et vroum !

La photo de mariage reste un sacré sport, ce n’est pas toujours aisé de débarquer chez des gens qu’on ne connaît pas… et puis c’est la reprise de la photo après quelques mois d’absence passés à bosser à la Fnac. Du coup, quelques appréhensions, etc. mais tout s’est bien déroulé. Quelques bonnes photos dans le lot, même si les conditions de lumière n’étaient pas toujours idéales car très changeantes.

En tout cas, ce fût l’occasion de réaliser mon premier mariage entièrement en raw puis traité sur Adobe Lightroom. C’est très agréable ! Un vrai gain de temps et de souplesse par rapport au jpeg.Une contrainte certaine de poids (10 go au total), mais rien à regretter.
Quelques autres images :

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