Je ne vais pas assez souvent au cinéma.

C’est ce que je me dis souvent… Pas vous ? dans la « vraie vie » comme en photo, j’ai croisé assez peu de gens du cinéma, ces derniers temps !

Shooting de Félix de Givry. Photo : Marion Oddon

Shooting de Félix de Givry. Photo : Marion Oddon

Mais ça a changé fin août, quand j’ai rencontré le jeune comédien Félix de Givry. Un garçon tout à fait cool. Il est plutôt nouveau à l’écran, on a pu le voir dans Après Mai, il est membre du collectif Pain Surprise, mais surtout… il n’existe pas tellement de photos de lui, et il convenait d’y remédier !

À mon retour de vacances, je me suis pointé chez le distributeur d’Eden, le film de Mia Hansen-Løve dans lequel il joue un jeune DJ. Sous le regard attentif de Marion, l’attachée de presse du film, j’ai trouvé Félix en train de choisir quelques tenues, il a fini par s’emparer de ma veste pour le shoot, et on est descendu au « QG », un sympathique studio tout blanc. J’ai beau dire à répétition que je déteste le blanc dans mes photos… je m’y suis trouvé très à l’aise ! On a passé un peu plus d’une heure ensemble, et voici le résultat :


Avant, après… recherche & développement.

Je viens enfin de mettre à jour mon book grâce à l’aide de Wonderful Machine qui s’est occupé d’éditer mes images avec la distance que je n’ai pas. S’ils s’agit souvent de commandes, les photos que je prends n’en sont pas moins influencées par mon humeur du moment et… Très vite, je ne sais plus les apprécier à leur juste valeur, le choix devient impossible…

J’ai envoyé environ 200 images à Tori, de Wonderful Machine, et elle m’est revenu avec deux galeries, l’une destinée à mes portraits éditoriaux, l’autre aux travaux plus corporate. Je me suis alors rendu compte que la non-homogénéité du traitement d’une année sur l’autre (pas très surprenant : matériel et techniques évoluent) rendait parfois la lecture du portfolio un peu… « abrupte » ?

J’ai donc décidé de revenir sur quelques-uns de ces «anciens» portraits. Dans tous les cas, j’annule editing (choix des images) et développement pour revenir aux fichiers bruts, avec un œil neuf. Pour Tilda Swinton et John C. Reilly, j’avais expérimenter l’usage d’une dominante verte mais j’ai fini par trouver ça trop artificiel… alors que mon nouveau traitement ne l’est pas tellement moins.

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On remarquera peut-être que je suis désormais un peu plus à l’aise sur les retouches. Je sais un peu mieux ou je vais quand je retouche la lumière sur le visage par exemple… jouer avec la densité. J’en ai profité pour nettoyer le rideaux…

Evidemment, il m’est arrivé de songer à ces débats sur la retouche en post-production, est-ce que c’est mentir ou non… Dans mon domaine – le portrait, donc –, il est plutôt admis qu’un portrait est toujours retouché, ne serait-ce qu’a minima (corrections colorimétrique, ajustement des couleurs, des ombres… ). Cela dit, je me suis toujours senti plus proche de la logique journalistique (les faits ! les faits !) que de l’approche purement esthétique de la photo… J’espère garder une certaine limite : ne jamais retoucher la silhouette. Atténuer les cernes d’une actrice ? ok, c’est courant et ça fait partie du jeu. Mais étirer sa silhouette, resserrer ses hanches ? À moins qu’il ne s’agisse d’une pub représentant un personnage, ce sera toujours non dans un contexte éditorial.

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Cela dit, sur John C. Reilly, le changement peut paraître radical… là aussi, j’en profite pour tenter des choses. Relever un peu les yeux, ajuster la tonalité… Je ne me suis jamais senti à l’aise sur les ajustements colorimétriques, et c’est toujours une petite souffrance pour moi tellement les réglages sont vastes… alors j’y vais un peu à l’instinct mais je peux me perdre longtemps…! Il faut dire aussi que passer de Lightroom à Capture One a changé ma façon d’aborder les fichiers, les réglages ne se présentant pas tout à fait de la même manière et étant beaucoup plus fins (ce n’est que mon avis).

Quant à l’image de Sam Pitroda, l’une de mes photos favorites, je crois que je l’ai tout simplement traitée comme j’ai toujours voulu qu’elle soit. Sombre et dense. Plus marquée.

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Je compte bien continuer avec quelques autres. Retrouver de «vieux» fichiers et les reprendre comme s’ils venaient d’avoir été shootés le matin-même permet de prendre un peu de distance par rapport à ce boulot qui n’arrête jamais… et de trouver de nouvelles manières d’aborder les images à venir !

Retrouvez-moi sur facebook : je viens d’y ajouter mon portrait de Rebecca Zlotowski après ceux de Jessica Chastain ou encore Louis Garrel… Je continuerai ce travail dès la rentrée… à suivre !

A Burning Hell of a Day : le trailer !

Vous rappelez-vous que je suis allé faire un tour à Berlin ? OK, sans doute pas… mais des fois que ce soit le cas, vous vous doutez sans doute que j’avais hâte de vous montrer à quoi peut ressembler ce film que l’on a tourné avec Cyrielle Thelot sur le « World Record Tour »  des Burning Hell ! En voici un premier aperçu :

Evidemment, il va y avoir quelques autres images dans les mois à venir… Abonnez -vous à la mailing list et suivez ma page facebook pour être tenu au courant de la sortie du film !

Festival de Cannes 2011 – photos.

Chaque année, c’est pareil : je tarde un peu à glisser ici ou là les photos que j’ai faites au festival de Cannes. Alors, cette année, j’ai décidé de la jouer photographe-professionnel-de-Paris-merci-madame et d’envoyer fissa les photos à l’agence Contour qui distribue mes portraits.

Et puis, tant qu’à faire, voici une sélection ! Le festival est tellement épuisant que j’ai toujours un peu de peine à bien apprécier les photos réalisées durant la quinzaine… Il faut dire que c’est un contexte pas franchement évident : il faut gérer cette orgie de fonds blancs, le temps qui est compté… Prenez le portrait de Kusturica : rendez-vous est pris, la photo est bien prévu, mais qu’importe, j’ai dû déclencher 10 fois à tout casser, je ne sais même pas si la durée se compte en minutes… Ce qui fait de ce festival un rendez-vous annuel éprouvant, mais « rentable » : c’est l’occasion d’y faire ses preuves, de montrer que l’on travaille vite et pas trop mal malgré la pression. Il est difficile pour le photographe d’en être satisfait à 100%, il y a toujours ce portrait attendu des heures sans jamais l’avoir, ce portrait un peu sous-exposé… mais qu’importe ! C’est d’abord deux semaines à fond qui t’amènent du boulot pour la suite : le portrait de John C. Reilly vient de m’emmener à Lyon pour le compte de l’édition italienne de GQ (à suivre). Plutôt agréable !

 


Festival de Cannes 2011 (selection) – Images by Antoine Doyen

Pour toute demande de photos produite durant le festival, merci de contacter directement Contour by Getty Images.