Festival de Cannes 2011 – photos.

Chaque année, c’est pareil : je tarde un peu à glisser ici ou là les photos que j’ai faites au festival de Cannes. Alors, cette année, j’ai décidé de la jouer photographe-professionnel-de-Paris-merci-madame et d’envoyer fissa les photos à l’agence Contour qui distribue mes portraits.

Et puis, tant qu’à faire, voici une sélection ! Le festival est tellement épuisant que j’ai toujours un peu de peine à bien apprécier les photos réalisées durant la quinzaine… Il faut dire que c’est un contexte pas franchement évident : il faut gérer cette orgie de fonds blancs, le temps qui est compté… Prenez le portrait de Kusturica : rendez-vous est pris, la photo est bien prévu, mais qu’importe, j’ai dû déclencher 10 fois à tout casser, je ne sais même pas si la durée se compte en minutes… Ce qui fait de ce festival un rendez-vous annuel éprouvant, mais « rentable » : c’est l’occasion d’y faire ses preuves, de montrer que l’on travaille vite et pas trop mal malgré la pression. Il est difficile pour le photographe d’en être satisfait à 100%, il y a toujours ce portrait attendu des heures sans jamais l’avoir, ce portrait un peu sous-exposé… mais qu’importe ! C’est d’abord deux semaines à fond qui t’amènent du boulot pour la suite : le portrait de John C. Reilly vient de m’emmener à Lyon pour le compte de l’édition italienne de GQ (à suivre). Plutôt agréable !

 


Festival de Cannes 2011 (selection) – Images by Antoine Doyen

Pour toute demande de photos produite durant le festival, merci de contacter directement Contour by Getty Images.

Mes vacances chez les nazis.

Non, ce titre de blog n’est pas très correct et sûrement pas journalistique, parce qu’il faut se rendre à l’évidence : «il n’y a pas de nazis, ici. Et le NPD est un parti démocratique, n’est-ce pas ? Je ne vois pas pourquoi ça me gênerait.»

Jamel's bus station.

Jamel's bus station.

Oui, Jamel est assurément un village à part. L’Allemagne de l’Est, là, tout au Nord, dans une région qui ne transpire pas l’opulence… Un terrain de jeu idéal pour l’extrême droite. Jamel, c’est ce petit village d’une dizaine de maisons où les habitants sont réputés être des sympathisants du NPD. Jamel est un joli petit village perdu dans la nature. Un joli petit village perdu dans la nature qui affiche fièrement sa devise dans la rue principale : « frei-sozial-national ».

Un endroit charmant dans lequel, début mai, je suis allé passer quatre jours en compagnie de deux journalistes, l’une française, Anastasia Lévy, et l’autre allemande, Kathrin Aldenhoff. On avait lu un article du Spiegel sur le sujet, mais on n’avait rien trouvé en France. Personne n’en parle trop, sauf à reprendre la trad’ du Spiegel, de Courrier International à Slate.fr et du coup, on a pensé qu’on pouvait aller voir ça de plus près. Lycéen puis étudiant, je militais à Ras l’Front. Je n’ai jamais accordé de crédit à l’extrême droite, mais j’ai toujours eu à cœur de la comprendre. Si j’entreprends de la photographier, j’espère éviter les clichés, la confrontation facile.

Ce n’est pas exactement un sujet aisé. Dans le cas présent, les milit… les habitants du village ont, je pense, reçu la recommandation suivante : pas d’esclandre, pas de revendication. Alors on se fait recevoir gentiment, on parvient à parler un peu, mais on se fait surtout dégager avec un large sourire. L’atmosphère est plutôt lourde, mais tout le monde tient le même discours : pas de nazis ici. Et les cheveux courts, c’est une coïncidence. On n’est pas trop dupe : des codes vestimentaires aux tatouages pas toujours bien cachés, «tout» est là.

Pour le moment, ce n’est pas vendu : on est parti comme ça, mais on ne sait pas qui va le publier. Quelques mag’ ont montré de l’intérêt, mais rien n’est joué, c’est la règle. Je ne peux donc pas encore vous dire où ni même si ce sera publié. Reste que ce séjour marque mon intérêt de plus en plus prononcé  pour la photographie documentaire, que j’avais un peu laissée de côté avec mon soucis de faire « tourner le business » : alors que je travaille comme un âne dans le portrait, j’ai encore le sentiment d’être un débutant quand il s’agit de présenter un sujet. Comme j’ai également un goût prononcé pour les sujets publiés, je vais tâcher de trouver un juste équilibre, tant qu’à faire. Non ?

Maintenant sur facebook !

Vous vous êtes peut-être un peu aperçus que je blogue vraiment moins depuis quelques mois… Alors voilà, parce que de plus en plus d’iconos, clients… et amis utilisent facebook, j’ai pensé qu’il était temps de dédier une page à mon activité, quelque chose de mis à jour plus régulièrement. Bonne occasion de rentrer un peu plus en contact, de discuter ; je suis toujours preneur d’avis de gens qui n’ont pas autant que moi la tête dans le guidon !

Et bien sûr, je mets la page régulièrement à jours avec mes travaux récents, en cours, à venir, et bien sûr leurs publications :