Pantheon Nostra : Snatch est en kiosque !

En octobre, je me suis rendu à New York avec Loïc (abstrait ≠ concret) pour Propos, un mag’ que vous retrouverez en kiosque en mars-avril prochain. J’en ai profité pour glisser une petite mission pour un autre jeune mag’, Snatch ! À la demande de Raphaël, je me suis ainsi retrouvé dans St John’s Cemetery, en plein milieu du Queens, à photographier ce lieu étrange où sont enterrées des figures majeures de la mafia new-yorkaise…

Le magazine est en kiosque depuis quelques jours, courez l’acheter !

St. John Cemetery is an official Roman Catholic burial ground located in Queens' Middle Village. Some famous mobsters are buried here in the cloister.

Decembre 2010 - Snatch Magazine : Pantheon Nostra, reportage dans un cimetiere de mafieux, St John's Cemetery dans le Queens, NY.

Il y a des jours comme ça.

L’hiver, le froid, mal au dos, matos lourd, petit bureau, dans ma chambre. Et la déprime de saison ? ok, peut-être. Je travaille de plus plus, et donc je sors régulièrement de chez moi… mais je reste aussi beaucoup devant mon ordinateur. Malheureusement, mon bureau n’est pas idéal, et il faut vraiment que je trouve quelque chose en dehors de la maison, histoire de me dépayser un minimum… Le taf à une minute du lit, certains en rêvent, moi ça m’angoisse.

Dominique Reynié

Dominique Reynié au siège du Monde, jeudi 16 décembre 2010.

Et donc hier ? Réveil tardif, pas très envie d’affronter ma to-do-list longue comme un bras, euh, long, dont quelques urgences : un editing pour Propos, quelques coups de fil à passer… 11h, tu prends ta douche, ok, tu vis de la photo, mais tu ne sais plus dans quelle direction tu vas… Je croyais qu’avec l’expérience, tout deviendrait plus facile : il n’en est rien. Au contraire, alors que depuis quelques mois, on m’appelle régulièrement pour un portrait ici, un reportage là, je me pose de plus en plus de questions : la première est celle du style, de l’esthétique que j’adopte… et puis ça me chatouille de travailler en direction de la pub : ça paie un peu mieux que la presse, les enjeux professionnels sont importants – j’adore la pression – et je pourrais me consacrer plus souvent à des sujets perso en m’inquiétant un peu moins de mes revenus. OK. Mais par quel bout la prendre ? Trouver un agent fait partie du plan : bosser avec quelqu’un qui a du recul par rapport à ce que tu fais, par rapport au milieu, abandonner petit à petit certains boulots chiants pour se concentrer sur des projets plus motivants.

Et puis, hier, l’opportunité de trouver un bureau bien situé avec des gens cool – mais rien n’est joué –, puis un coup de fil du Monde pour venir photographier dans leurs locaux le politologue Dominique Reynié (interview à paraître samedi après-midi). D’un coup, journée bouleversée ! tu vérifies la charge de la batterie du flash qu’en fin de compte tu n’utiliseras pas, tu files à Saint Lazare visiter les bureaux, tu reprends le métro pour Glacière, tu rigoles quand ceux qui te bousculent s’aperçoivent qu’un pied photo, en fait c’est douloureux…

J’aime bien travailler pour le monde. D’abord, il y a l’ego – oui, Le Monde, quoi – et puis surtout, je photographie des sociologues, des politiques… ou un scénariste. Et puis un bureau… pouvoir couper avec une journée de boulot une fois rentré. Le rêve (j’ai des rêves simples) ! Et la journée se termine au Chien Stupide avec ta femme et une amie… parfait, tu fais moins la gueule.

[EDIT] Portrait publié dans Le Monde daté de ce dimanche 19 décembre :


Dominique Reynié (Paris, Dec. 2010) – Images by Antoine Doyen