Pris dans les chaînes. De flickr aux blogs, ou l'inverse.

Parfois, j’oublie que je suis également blogueur… Xuoan me le rappelle donc dans sa dernière note.

didier caron

Le concept vu et revu de la patate chaude estampillée web 2.0 :

Évidemment, comme j’ai mauvais caractère, j’envoie volontiers à la corbeille tout ce qui ressemble à une chaîne, des blogs à Facebook. Mais celle-là, je la trouve mignonne, l’occasion de me pencher sur le mois de février ! J’étais alors en commande pour Télérama Sortir. Ce portrait du metteur en scène Didier Caron est l’avant-dernière photo que j’ai réalisée pour ce supplément à Télérama. Très vite fait – le nouveau directeur du théâtre Michel était pressé –, mais amusant à photographier avec l’aide de Richard.

Et maintenant, à qui je refile ça… allez ! va pour Pierro, Jean-Marie, Joseph, Niels, Arno, et l’équipe du festival des cinémas africains !

Assistants !

Une règle commune parmi les photographes de portrait, c’est de ne jamais laisser traîner son assistant tout seul, sinon on se retrouve avec ça :

Phoenix test shot

Forcément j’ai pris l’habitude de les photographier. La plupart du temps, ce sont des potes qui viennent m’aider au coup par coup, selon leurs dispos. La plupart sont photographes, comme Jean-Marie (ci-dessus, avant de photographier deux membres de Phœnix).

Évidemment, j’en ai fait un album Flickr.

On ne les voit jamais dans les photos, mais ils sont vraiment importants ! D’ailleurs, ils ont même un concours du plus beau aux États-Unis… du montage du matos au maintien du réflecteur pendant la prise de vue, c’est une aide essentielle. J’ai longtemps fait sans, y compris à Cannes où je me débrouillais sans réflo mais, depuis quelques mois, j’ai pris le pli d’appeler quelques collègues / amis à la rescousse au cas par cas. Evidemment, budget presse oblige, je les paie en bière, mais j’espère bien faire quelques prises de vue un peu plus rentables, histoire de remercier ceux qui m’aident régulièrement !

Que ce soit pour porter le matos ou bien assurer la technique, ils sont indispensables.

Quant à ceux qui se demandent ce que fait exactement un assistant… voici quelques débuts de réponse.

Nico a une idée : une encyclopédie du photojournalisme ?

[lang_fr]Ce matin, comme presque tous les lundis matin (8h30, ouais…), on s’est retrouvé à quelques-uns pour parler photo et démarrer la semaine. On n’a pas chômé depuis la semaine dernière, et Nicolas-François (photo) a même eu une idée !

cafe du lundi

Présent mercredi dernier à la MEP pour un retour sur 20 ans de Visa Pour l’Image, Jean-François Leroy s’est plaint du manque de culture photo des jeunes photographes : « on ne peut pas photographier les mineurs en prison sans avoir vu le travail de Lizzie Sadin ! » OK, c’est pas faux. Du coup, Nicolas-François a imaginé un wiki sur lequel seraient rassemblés au fur et à mesure tout ce qui peut se produire en reportage photo. Un projet à mi-chemin entre l’encyclopédie et le link-journalism ?

Partant du principe que de nombreux sujets ont déjà été abordés en photo, on sera moins bête de consulter ce genre de site avant de partir sur le terrain la fleur au fusil ! Cela pourrait aboutir à un site de référence pour les photojournalistes. Pourvu que l’on trouve un moyen de parler de tous ces reportages photo sans que cela vienne heurter le droit d’auteur…

Le projet n’en est qu’à ses balbutiements, mais la réflexion est déjà en cours sur le nom. Si vous souhaitez participer au projet, contactez-le ![/lang_fr]

[lang_en]This morning, as every Monday morning (8:30 am… yeah…), a few of us photojournalists met to talk about photo and starting the week. We didn’t rest last week! As a matter of fact, Nicolas-François (photo below) even got an idea!

cafe du lundi

Last wednesday at the MEP, at a Visa Pour l’Image‘s retrospective, Jean-François Leroy complained about lack of photographic culture among young photojournalists: “one cannot shoot the minors in jails without having looked at Lizzie Sadin’s work!” Truth be told, he’s got a point. The discussion indeed lead Nicolas-François to imagine a wiki website, where to gather as much photo-stories as possible. A project between encyclœpedia and link-journalism?

Since many subject have already been told in photography, one would be clever to look over what’s been previously done before going onfield. The site might become a great source for every journo, provided it doesn’t infringe copyright laws.

The project is only at its debute, there’s already some discussion about which name to choose. If you’d like to be a part of it, feel free to contact Nicolas-François! [/lang_en]

La presse web veut-elle la peau des photographes ?

40 euros. 50 euros. 80 euros (wow !). Qu’est-ce que c’est ? Des tarifs photo en Presse Quotidienne Régionale (PQR). C’est peu dire qu’un photographe de presse indépendant n’a pas intérêt à trop compter sur la PQR pour vivre… alors le web, nouvel eldorado, peut-être ?

jogging poulet

Il n’y a jamais eu autant de photos dans la presse qu’aujourd’hui ! Le Monde a même récemment changé de formule avec un peu plus d’iconographie tant sur le papier qu’à l’écran.

Les diffuseurs…

Seulement, peu ont envie de payer. Selon le site journalismes.info, Libération.fr « se fournit essentiellement avec le fil Reuters, parce que l’AFP est trop cher ». Sans doute mieux lôti, LeMonde.fr a développé « quelques partenariats avec des agences comme Magnum, l’AFP, AP ou encore Reuters » pendant qu’un « iconographe [est] chargé de sélectionner les photos. » En revanche, un icono du côté de LePoint.fr, ce n’est pas pour tout de suite : «chaque journaliste y sélectionne les images qu’il juge correspondre au sujet qu’il traite. »

Il est un autre site d’information qui brille par son absence de cet article : Marianne2.fr, pourtant devenu la mascotte des forums fréquentés par les photojournalistes. Il faut dire que Marianne2.fr, ne se gêne pas pour se servir dans Flickr sans demander l’autorisation. La plupart du temps, ainsi que le note Hughes Léglise-Bataille sur flickr, c’est tout à fait légal (pas génial pour les photojournalistes… mais légal) : les photographies choisies sont sous licence Creative Commons. Cela suffit même à combler d’aise quelques amateurs non dénués de talent.

…l’amateur…

Dans la course aux petites économies, les rédactions ont vite compris quel parti tirer de l’ego des amateurs : la publication d’une photo dans la presse reste une grande fierté. Et dans les faits, si les auteurs (amateurs ou non) des photos se plaignent parfois de vol, rien ne leur permet vraiment d’attaquer les sites concernés. En cas de plainte, il est aisé pour ces derniers de retirer l’image incriminée. Seule contre-attaque possible : qu’un huissier effectue un constat en bonne et due forme… c’est au moins 300 euros. Une simple capture d’écran ne suffit pas.

…et le stagiaire.

Lors de ma formation à l’EMI-CFD, je me suis retrouvé stagiaire chez Marianne2.fr. Joseph & moi en sommes sortis effarés : démission totale du rédac’ chef quant à la photo – nous étions transparents – , demandes de recherche d’images sur… google, j’en passe et des meilleures. Ce stage se devait d’être un partenariat enthousiasmant avec l’EMI-CFD, il n’en fût rien ! Et j’ai bien peur que d’autres rédactions soient parfois dans le même cas…

Résultat pour les sites qui « oublient » l’importance de l’image ? des sites parfois moches et tout juste illustrés… c’est un peu triste, non ?

L’avenir du photojournalisme passe par le web.

Je n’en doute pas une seule seconde ! Je devine même la disparition du papier… alors mieux vaut se préparer à vendre correctement ses images pour le web.

Vous avez entendu parler du Kindle d’Amazon dont la seconde version vient de sortir ? Pour le moment, ce n’est « que » du noir & blanc, idéal pour lire quelques articles et des livres, mais évidemment pas pour afficher des photos. Au vu de l’évolution rapide des téléphones portables, iPod et autres pocket PCs, je m’attends pourtant à l’arrivée prochaine de la couleur et de la haute-résolution sur ce type d’appareils. Et là ! quoi de plus facile : acheter son magazine en kiosque ou le télécharger dans le métro sur un unique appareil ?

Nous autres photographes verrons nos reportages publiés sur un outil à la croisée du web & du papier, avec les mêmes exigences que l’actuelle presse magazine. Les rédactions web ne pourront pas se passer très longtemps du talent des pros, lesquels méritent un salaire à la hauteur de leur travail, que ce soit pour le temps passé sur la préparation, la production, ou la diffusion de leur image !

Avis aux am’… avis aux rédactions web ! Pensez à nous.

[EDIT] Why do I give my photos away for free?

On vient de me présenter un intéressant point de vue sur la « gratuité » toute relative des photos. Cet article vu sur le blog de Lan Bui rejoint d’ailleurs quelques questions récentes concernant la manière dont certains sites web se servent sur Flickr.

Why do I give my photos away for free?

“You might be thinking “Wait… I have a blog and I don’t sell anything there! That is a non commercial website!!!” I say great!!! But… Let’s think about it for a second before we give it the stamp of approval… Do you have advertising on your website? If so you probably get paid for referrals or clicks (even if it is only $1 a month it is still money) and that makes it a commercial website. Ok, you have no ads on your website… Are you for hire? If so and your website promotes you, then indirectly it can make you money and therefore it is a commercial website. Not for hire and no ads? Great! I’m sure I can find some way of still saying you make money indirectly from your website but I’ll stop here, YAY you have a non commercial website!!!”

la suite sur http://lanbui.com/2009/01/23/why-do-i-give-my-photos-away-for-free/